Les élites du Mfoundi désavouent le mémorandum diffusé en leur nom dans les médias

Pendant trois d’echanges et de débats en langue « Ewondo », toutes les familles du Mfoundi se sont réunies autour d’un sujet d’actualité. Un mémorandum  adressé au président national du Rdpc Paul Biya, diffusé dans les médias et dans lequel la majorité  des élites du département du Mfoundi, région du Centre Cameroun, rétorque ne pas s’y  reconnaitre. Philippe Mbarga Mboa, André Mama Fouda, Serge Etoundi Ngoa, Séraphin Magloire Fouda, ils sont nombreux à  dénoncer le « caractère sectaire  et tribaliste »  de ce document avant de le rejeter en bloc.

Philippe Mbarga Mboa, élite influente du Mfoundi  qui a pris la parole en premier, a  rappelé le contexte, en soulignant que le mémorandum rédigé et publié dans la presse au moment  intervient au moment où des grands défis attendent le Cameroun. « Ce document ne saurait engager les ressortissants du Mfoundi dont les grandes familles ne reconnaissent pas avoir donné mandat à qui que ce soit pour parler en leur nom », a-t-il indiqué. « Le propos tenus dans le document ont été taxés de contraires à la tradition d’hospitalité de ce peuple et en opposition avec le discours d’unité prôné par le président de la République. C’est pourquoi l’élite, les patriarches, les jeunes, les élus du peuple sont venus se lever comme un seul homme pour condamner » a-t-il ajouté.

Au cours des discussions, Magloire Séraphin Fouda  a  condamné les manœuvres d’exclusion alors que  Mbarga Mboa a insisté sur l’attachement aux valeurs traditionnelles. Cette réunion publique a permis de laver le linge sale en famille, lever la confusion et refuser le discrédit sur les communautés autochtones. En effet, le "prétendu mémorandum" les soupçonnait d’être les apôtres du tribalisme, des xénophobes et en rupture avec le parti au pouvoir au Cameroun, le Rdpc. L’occasion était donc idoine pour les élites du Mfoundi qui ont réaffirmé leur adhésion aux idéaux de paix, de patriotisme et de cohésion sociale. D’ailleurs, la parole a été donnée aux jeunes venus nombreux prendre part à cette cérémonie.

Pour eux, le « prétendu mémorandum » hypothéquait leur avenir. Car comment comprendre qu’un ainé  puisse  poser tel acte sans qu’ils aient donné leur avis. Un jeune nous confiait que «  qu’ils sont venus faire entendre leur voix, parce qu’ils sont déjà majeurs et qu’ils devraient eux aussi donner leur avis ». En fin de réunion, l’initiateur du « prétendu mémorandum », le nommé patriarche Onambélé Zibi a écopé d’un an de prison d’exclusion.

Source : Cameroun Tribune ; crtv.cm